Chaque mois de novembre, Mois sans tabac remet le sujet sur la table. Pour un employeur ou un responsable de prévention, la vraie question n’est pas « comment arrêter de fumer », mais « quelle action organiser pour mes équipes, avec quel objectif et quel intervenant ? ». Voici de quoi décider.

Mois sans tabac 2026 : un rendez-vous national, un relais possible en entreprise

Mois sans tabac, c’est la 11e édition en 2026. Le principe est simple : relever le défi de 30 jours sans tabac à partir du 1er novembre, avec un accompagnement gratuit — le site mois-sans-tabac.fr, l’application Tabac info service, le 39 89 pour échanger avec un tabacologue, et des kits d’aide à l’arrêt gratuits en pharmacie. L’opération est pilotée par Santé publique France, le ministère chargé de la Santé et l’Assurance Maladie.

Pourquoi s’en saisir en entreprise ? Parce que l’arrêt réussit mieux quand il est accompagné et collectif : d’après Santé publique France, participer à Mois sans tabac multiplie par cinq les chances d’arrêter, et 55 % des fumeurs quotidiens déclarent vouloir s’arrêter. L’entreprise est un cadre naturel pour créer cette dynamique de groupe.

Le tabac recule, mais pas pour tout le monde de la même façon

En France, le tabagisme quotidien a nettement reculé : 18 % des 18-75 ans fumaient tous les jours en 2024, contre près de 29 % dix ans plus tôt — soit environ quatre millions de fumeurs quotidiens en moins en dix ans (Baromètre de Santé publique France, données 2024).

Mais cette moyenne cache de fortes différences. Le tabagisme quotidien reste environ deux fois plus fréquent chez les ouvriers (près de 25 %) que chez les cadres (environ 12 %), et nettement plus élevé chez les personnes en difficulté financière. Autrement dit : la réalité d’un atelier de production n’est pas celle d’un siège administratif. Avant de choisir une action, il est utile de partir du profil réel de vos équipes plutôt que de la moyenne nationale.

Un sujet de santé au travail, pas seulement une affaire personnelle

Les pratiques addictives — le tabac, mais aussi l’alcool, le cannabis ou encore l’usage des écrans — ne s’arrêtent pas à la porte de l’entreprise. Le Code du travail fait de la santé des salariés une obligation de l’employeur (article L.4121-1), et l’INRS rappelle que les risques liés aux consommations doivent être pris en compte dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP).

L’INRS insiste sur un point : la prévention est d’abord collective. Les consommations ont des origines qui mêlent vie privée et facteurs de travail (stress, horaires atypiques, charges lourdes). L’enjeu n’est donc pas de pointer des individus, mais de proposer un cadre d’information, de prévention et d’orientation — dans le respect du volontariat, de la confidentialité et sans jugement. Mois sans tabac peut en être la porte d’entrée, avant d’élargir, si besoin, à une démarche de prévention des addictions plus large.

Passer de l’affichage à l’action : trois formats à choisir selon votre objectif

Mettre une affiche dans la salle de pause, c’est un début. Proposer une action concrète avec les équipes, c’est un autre niveau. Nous proposons trois formats, séparément ou ensemble, selon ce que vous visez.

1. Une sensibilisation animée par un professionnel formé en addictologie

Une animation, un atelier, une conférence ou une formation conduite par un professionnel formé à l’addictologie. Objectif : comprendre les mécanismes des addictions, déconstruire les idées reçues, connaître les ressources d’aide et savoir vers qui s’orienter. C’est le format qui informe et qui oriente. L’intervenant n’est pas médecin addictologue : son rôle est la prévention et l’orientation.

2. Des ateliers de sophrologie pour mettre les chances de son côté

Arrêter de fumer, c’est surtout gérer le manque, le stress et les automatismes. C’est là que la sophrologie agit concrètement. L’idée : remplacer la pause cigarette par une pause bien-être. Quelques minutes de respiration, au même moment, au même endroit — le temps que l’envie passe. Car la nature a horreur du vide : quand on arrête, le cerveau cherche à remplacer la cigarette, souvent par le grignotage — d’où la crainte, fréquente, de reprendre du poids. Installer un autre geste, apaisant, aide à ne pas tomber dans ce piège.

La sophrologie travaille aussi la motivation : par des exercices de visualisation, on ancre le dégoût de la cigarette et l’image de soi sans tabac — retrouver sa santé, son souffle, et surtout se projeter : voir grandir ses enfants ou ses petits-enfants. Au final, des outils simples, reproductibles seul, pour tenir dans la durée. La sophrologie ne se substitue pas aux aides au sevrage : elle les renforce — et, souvent, elle donne le déclic pour aller les chercher.

3. Une formule associant les deux

La sensibilisation pour comprendre et s’orienter, la sophrologie pour gérer le stress du changement et tenir : les deux approches se complètent. C’est la formule la plus complète pour accompagner vos équipes, de la prise de conscience jusqu’à l’arrêt.

Un accompagnement qui amène aussi vers le soin

C’est l’un des effets les plus utiles d’une démarche collective : elle met en mouvement des personnes qui n’auraient pas franchi le pas seules. Lors d’une formation « arrêt du tabac » que nous avons animée chez Safran, sur le site de Commercy, plusieurs participants d’abord réticents à consulter ont finalement été orientés vers un professionnel de santé pendant l’accompagnement. Et les résultats sont là : sur les six participants, les quatre ayant répondu à l’enquête de fin de formation ont tous arrêté de fumer pendant la formation, trois sur quatre ne fumaient toujours pas au moment de l’évaluation, et tous recommandent la démarche.

AYOA Conseil - formation arret du tabac sur le site Safran de Commercy
Sur le site Safran de Commercy, pendant une formation « arrêt du tabac » animée par AYOA Conseil.

« Cigarette ? Quelle cigarette ? C’est derrière moi. »

« Moi qui n’étais pas convaincu par la sophrologie, j’ai changé d’avis. »

Ces actions viennent en appui — non en remplacement — des aides reconnues : médecin traitant, substituts nicotiniques, Tabac info service et le 39 89. Mais elles font plus que cela : elles augmentent les chances de réussite et ouvrent une porte vers le soin pour ceux qui hésitent.

Comment choisir l’action adaptée à vos équipes

Partez de votre objectif. Vous voulez informer et lever les idées reçues ? La sensibilisation addictologie est le bon point de départ. Vous accompagnez des salariés déjà engagés dans l’arrêt et vous voulez les aider à tenir ? Les ateliers de sophrologie ont toute leur place. Vous voulez installer la dynamique dans la durée ? Une formule combinée, étalée sur plusieurs semaines, ancre mieux les choses qu’une action isolée.

Trois principes à garder en tête : le volontariat (personne n’est désigné), la confidentialité et l’absence de jugement. C’est ce qui fait qu’une action de prévention crée du lien au lieu de stigmatiser.

En parler pour choisir la bonne action

Mois sans tabac est une bonne occasion d’ouvrir le sujet — à condition d’en faire une action concrète, pensée pour vos équipes. Chez AYOA Conseil, nous accompagnons les employeurs et les responsables de prévention pour structurer ce type d’action, de la sensibilisation addictologie à l’atelier de sophrologie, ou les deux. Nous vous invitons à échanger pour choisir le format adapté à votre contexte.

Premier échange, 15 min